La première présence humaine connue à Canéjan est celle des Gallo-romains. La "voie romaine" qui passe au lieu-dit GRANET leur doit très certainement son nom. Par ailleurs, des restes de céramique découverts autour de l'église et sur le site de CAMPARIAN montre leur présence dès la fin du 1er siècle après Jésus-Christ ou au début du second.
La paroisse de Canéjan a été fondée à la fin du VIème siècle, ainsi que l'atteste le nom du patron de l'église: ST VINCENT, dont une statue figure dans le rétable de l'édifice. A cette époque, beaucoup de nouvelles paroisses se placent sous la protection de ce saint.
Le nom du lieu-dit CAMPARIAN semblerait indiquer le passage des WISIGOTHS sur la commune. Des historiens anciens affirment que CAMP ARIAN signifie CAMP DES ARIENS (Les Ariens étant les Wisigoths). Certains vont jusqu'à dire que CLOVIS les aurait vaincus en ce lieu au début du VIème siècle. Aujourd'hui, cette affirmation est très contestée, pour ne pas dire niée.
A la même époque, il est certain que des MEROVINGIENS se sont établis sur la paroisse. Des sarcophages découverts devant l'église sont des témoins de leur installation.
Pendant tout le Moyen-Age, c'est CAMPARIAN qui est le principal lieu de vie de la commune. Au début du XIIIème siècle, s'élevait en ce lieu un hôpital qui accueillait les pèlerins de St-Jacques de Compostelle. Un acte de 1217 le prouve. Il est probable que la fondation est plus ancienne. A la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème, un bourg important existait là (le plus important de la banlieue sud de Bordeaux). Il a disparu par la suite, dans des circonstances inconnues.
Camparian fut aussi le siège d'une prévôté royale créée par Edouard 1er Roi d'Angleterre. Elle comptait 7 paroisses: Canéjan, Mérignac, Pessac, Cestas, Gradignan, Léognan et Villenave d'Ornon.
Au déclin du pèlerinage, l'hôpital devint un prieuré qui a été occupé par des gens d'église jusqu'à la Révolution.
La première église de CANEJAN a été Construite au VIème siècle, au moment de la fondation de la paroisse. Nous ne savons rien sur elle. Le bâtiment actuel a été plusieurs fois remanié. Il conserve un plan roman. Le rétable date du XVIème siècle. Il est l'œuvre de Pierre BERQUIN. Il est très riche, étant donné la taille modeste de la paroisse.
Au XIXème siècle, sous l'impulsion du Cardinal DONNET, l'architecte Gustave ALAUX effectua des travaux sur le porche d'entrée et le clocher .
La Révolution a été une période d'intense activité dans la commune. Le premier maire élu fut Jean CAUDERES, curé de la paroisse. Le prieuré de CAMPARIAN a été vendu comme bien national. Des canéjanais volontaires sont partis aux armées lorsque la Patrie a été déclarée en danger .
Au XIXème siècle, la vigne occupait une large place. Les châteaux de PEY ARNAUD, SEGUIN, ROUILLAC produisaient des vins de grande qualité. Il y avait aussi des petits producteurs et plusieurs artisans fabriquaient des barriques.
Le baron HAUSSMANN qui fut préfet de PARIS au temps du Second Empire a acheté le Château de ROUILLAC et y a fait de nombreux travaux. Il habitait CESTAS. Au début du XXème siècle le vignoble touché par le phylloxéra disparut. Il fut remplacé par la forêt de pins. Il a été en partie reconstitué à partir des années 70.
En 1917, les troupes américaines débarquées à Bordeaux à la suite de l'entrée en guerre des Etats-Unis (et stationnées à Bersol ?) arrivèrent jusqu'à Canéjan. De nombreux militaires fréquentèrent le restaurant CAZAUX (actuel cabinet médical au centre du bourg).
Pendant la seconde guerre mondiale, le Château de Rouillac fut occupé par des sous-mariniers allemands et italiens. Des détenus du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) ont été logés dans des baraquements situés dans les bois, en face du château.
L'année 1949 a été marquée par le drame de l'incendie de la forêt girondine. 29 hommes de la commune partis combattre le feu périrent dans les flammes le 20 août 1949. Chaque année, une cérémonie commémore cet événement.
1972 marque le début de l'urbanisation rapide de CANEJAN .A l'instigation du ministre Albin CHALANDON, le lotissement des Cottages de La House (plus de 700 pavillons) a vu le jour.
R. MERCIER
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