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Le recours aux pesticides et l’éradication de la nature spontanée ne sont plus compatibles avec les enjeux de préservation de l’environnement et en particulier avec la qualité de l’eau. La gestion différenciée consiste à adapter le mode d’entretien des espaces en fonction de leur fréquentation, de leur usage et de leur localisation. Les fréquences d’intervention ainsi que les moyens humains et matériels sont adaptés, en essayant de maintenir une gestion la plus douce possible.

La gestion différenciée permet de favoriser la diversité des êtres vivants et des milieux naturels, appelée biodiversité. Les espaces verts, comme les espaces naturels, servent aussi de lieux de vie
pour des espèces animales et végétales sauvages de plus en plus menacées par l’urbanisation et la destruction ou la fragmentation de leurs milieux naturels.

La gestion différenciée se caractérise par la mise en oeuvre de pratiques de gestion différentes comme :

  • espacement des fréquences de tonte,
  • fauche annuelle en fin d’été, sur certains sites, au lieu de plusieurs tontes dans l’année,
  • paillage des pieds d’arbres, pieds de haies et massifs avec des copeaux de bois,
  • désherbage alternatif : thermique, mécanique, manuel, ou pas de désherbage du tout,
  • taille douce des arbres et arbustes,
  • enherbement spontané des espaces minéraux non fréquentés,
  • lutte biologique contre les ravageurs,
  • recyclage des déchets verts.

Par ailleurs, la mise en place de la gestion différenciée implique une connaissance de l’ensemble du patrimoine à gérer. Dresser un inventaire permet de connaître les surfaces à entretenir et les
caractéristiques de chaque site. Une cartographie de la Commune a été réalisé
e. Elle permet de localiser les différents espaces publics quelle que soit leur échelle, de connaître leur surface, leur fréquence d’entretien mais aussi le matériel nécessaire à leur entretien.

Cartographie des espaces verts publics communaux

Ainsi, 6 catégories d’espaces ont été identifiées :

  1. Les espaces boisés sous régime forestier ONF
    Le régime forestier est un ensemble de garanties permettant de préserver la forêt sur le long terme. Il constitue un véritable statut de protection du patrimoine forestier contre les aliénations, les défrichements, les dégradations, les surexploitations et les abus de jouissance. C'est aussi un régime de gestion, avec un souci de renouvellement des ressources en bois, des autres produits et services fournis par les forêts, et de transmission aux générations futures de ces ressources.
    Plus concrètement, pour la Commune, le régime forestier se traduit par un partenariat avec l'ONF, gestionnaire unique, qui assure la mise en oeuvre du régime forestier aux côtés de la municipalité. Les interventions des agents communaux sont très faibles sur les parcelles classées au régime forestier. Ils peuvent être amenés à intervenir de manière ponctuelle à la demande de l’ONF, notamment pour faciliter le travail des entreprises de travaux forestiers.

  2. Les espaces boisés entretenus par la Commune
    Certaines parcelles boisées communales ne sont pas classées au régime forestier et sont donc entretenues directement par les agents communaux. La fréquence d’entretien est faible. L’objectif est de laisser la nature libre et de limiter l’intervention des agents afin de favoriser la biodiversité (faune/flore). L’entretien se limite donc à de l’élagage et à la suppression d’arbres morts… Les parcelles boisées les plus proches des habitations sont fauchées, au maximum une fois dans l’année. À noter que certains arbres morts peuvent être laissés en « totem » ou laissés au sol pour des raisons de conservation de l’écosystème.

  3. Les espaces verts « fins »
    Dans les espaces verts « fins », l’aspect doit être soigné le plus possible. Une tonte et un ramassage des pelouses ont lieu toutes les deux semaines, en moyenne. On trouve sur ces secteurs (exemple : ronds-points, abords de la mairie et de l’église, etc.), un arrosage « raisonné », permettant de limiter les consommations d’eau : dispositifs équipés d’un pluviomètre qui permet d’ajuster l’arrosage en fonction du temps. L’installation est équipée d’un programmateur afin de favoriser l’arrosage la nuit et éviter l’évapotranspiration la journée. Les haies et arbustes sont taillés annuellement, lorsque cela est nécessaire.

  4. Les espaces verts intermédiaires
    Sur ces espaces (exemple : abords du centre commercial, de l’Orée du parc, du centre de loisirs, placettes de La House), la tonte a lieu toutes les trois semaines, en moyenne, sans ramassage des tontes, ni des feuilles (« mulching »). L'herbe hachée se comporte alors comme un paillis protecteur, contre la sécheresse notamment.

    Sur certains secteurs, lorsque c’est possible, la tonte est moins fréquente pour laisser la prairie sauvage se développer. Il est également possible de tondre uniquement la périphérie de la parcelle (pour dégager correctement les abords de la voirie) ou les pourtours du mobilier urbain et laisser le reste du terrain sauvage pour favoriser le retour de la biodiversité (exemple : zone entre l’avenue de la Libération et l’impasse de la Pinède).

    Les plantations concernent des fleurs demandant très peu d’entretien comme des bulbes de printemps qui offrent une qualité paysagère intéressante. Sur ces secteurs, la tonte est tardive pour que les bulbes puissent se fortifier avant la saison suivante (quatre semaines après que le feuillage ait séché). Mais, de plus en plus, la Commune a fait le choix de planter des arbres fruitiers. Ces plantations permettent de mêler intérêt écologique, paysager mais également social puisque les fruits peuvent être cueillis par les habitants et promeneurs.

  5. Les espaces verts naturels, avec biodiversité
    Ces espaces verts naturels (exemple : autour du lac Vert, bois de Barbicadge, etc.) font généralement l’objet d’une seule tonte tardive dans l’année, sans ramassage. Cette pratique offre de nombreux avantages : elle favorise la graine de la plante et le re-semis naturel, mais aussi le retour de la biodiversité ; elle permet d’offrir un refuge pour la faune, contribue à protéger les berges du lac vert, tout en générant un gain de temps pour les équipes techniques puisque le nombre d’interventions est limité.

    Sur ces secteurs, on constate que les cheminements piétons se créent naturellement. Cela permet d’éviter le piétinement et le tassement du sol en dehors de ces chemins et permet de préserver les prairies sauvages.

    L’absence d’intervention humaine aux fins de fleurissement permet en outre de voir réapparaître certaines espèces floristiques endémiques telles que les orchidées et glaïeuls sauvages. Des bulbes de printemps ont néanmoins été plantés sur ces secteurs, ce qui est conforme à l’ambiance « champêtre » recherchée dans ces espaces verts naturels.

  6. Les espaces publics, trottoirs et cours d’école
    Depuis l’interdiction des produits phytosanitaires sur l’espace public, différentes techniques alternatives sont testées et utilisées :

    Des techniques préventives pour empêcher les herbes de pousser : paillage organique (tonte de gazon répartie en pied d’arbre par exemple), écorces /copeaux de bois, matières minérales, comme les ardoises ou la pouzzolane (exemple : rond point du lac Vert), toiles hors sol, plantes couvresol, etc.

    Des techniques curatives pour les détruire par des moyens non chimiques : désherbage manuel, désherbage écologique (par exemple « Waïpuna »), désherbage thermique, brosse de désherbage adaptable sur débroussailleuse, brosse rotative sur la balayeuse de voirie, etc.

    • Enfin, l’enherbement de certaines surfaces minéralisées (exemple : trottoirs en grave calcaire), en veillant à la bonne intégration et à la maîtrise de la végétation. Cette dernière solution nécessite de porter un autre regard sur la végétation. Certains trottoirs sont progressivement recouverts par la végétation spontanée. Le passage régulier des piétons suffit bien souvent à marquer le cheminement. Le reste de l’entretien pourra se faire ponctuellement par un passage de tondeuse. Une expérimentation sera conduite allée de Rouillac.

S'il nous faut pouvoir accepter l'apparition d'une végétation spontanée dans notre environnement urbain, l'entretien des trottoirs n'en demeure pas moins une nécessité évidente pour maintenir une commune dans un état de propreté et d'hygiène. Cette obligation d'entretien des trottoirs devant chez soi incombe en effet au propriétaire ou au locataire des immeubles, qui doivent respecter l’interdiction d’utiliser des produits phytosanitaires sur le domaine public (trottoirs, caniveaux, etc.).

Zoom sur« Waïpuna », un désherbant écologique utilisé depuis 2007

Depuis 2007, la Commune de Canéjan a fait le choix de bannir les produits phytosanitaires dans ses parcs, ses jardins, sur les sols imperméables, dans les aires de jeux, près des crèches, des écoles ou aux abords de l’Eau Bourde.

En effet, depuis plus de 10 ans, ces espaces font l’objet d’un désherbage écologique appelé « Waïpuna ». Ce procédé utilise de l’eau et un additif biodégradable à base d’amidon de maïs et de noix de coco. L’ensemble est chauffé afin d’appliquer une mousse chaude (96°C) sur la végétation à détruire afin de réaliser un choc thermique sur la plante entraînant ainsi la dénaturation de ses  protéines et l’éclatement de ses cellules. La mousse disparaît au bout de 15 à 30 minutes.